Tumulus de la Combe Pévenelle.

Publié 17/10/2018 16:44:00 Modifier 11/07/2019 12:00:27 par 489945901
Isolé, il est établi dans un bois à 200 m à l’ouest du sommet de la Combe Pévenelle, à 200 m au nord du tumulus de la Montagne et à 1500 m au nord des trois tumulus de la Rente-Neuve. Avant les fouilles, la butte parfaitement hémisphérique mesurait 18 m de diamètre et sa hauteur était de 1,15 m au centre.
#Histoire #Tumulus #Hallstatt #Marsannay-la-cote

Période: de -2000 an à -300 an.

Situation et état actuel


Isolé, il est établi dans un bois à 200 m à l’ouest du sommet de la Combe Pévenelle, à 200 m au nord du tumulus de la Montagne et à 1500 m au nord des trois tumulus de la Rente-Neuve. Avant les fouilles, la butte parfaitement hémisphérique mesurait 18 m de diamètre et sa hauteur était de 1,15 m au centre.

Historique des fouilles


En 1926 et 1927, E. Bertrand, R. Bouilletot, E. Socley, G. Grémaud et E. Guyot ont exploré entièrement le tumulus depuis le sommet jusqu’au sol naturel. À chaque séance, ils avançaient sur une longueur de deux à trois mètres à l’intérieur du tertre et rejetaient les déblais derrière eux sur la zone auparavant fouillée. Les fouilleurs déçus lors de leurs recherches ont dénombré environ trente sépultures très fragmentées et pauvres en matériel archéologique. C’est pour ces raisons qu’ils ont publié un compte-rendu très sommaire de leurs travaux, qui rend l’exploitation des données aujourd’hui disponibles bien délicate5 (Bertrand et alii, 1927 ; Nicolardot, 2003, cf. inventaires p. 325).

Structure


Le tumulus était édifié sur un socle calcaire légèrement incliné vers l’est. Une tranchée encore visible autour du monument a permis aux fouilleurs de le délimiter précisément.

Le noyau central, constitué de dalles plates soigneusement imbriquées avec de l’argile, était recouvert par une chape d’une épaisseur moyenne de 40 à 50 cm composée de cailloutis et de fragments de roches. Ces dernières, qualifiées à tort par les chercheurs de « grès liasiques » (Bertrand et alii, 1927, p. 288-289) et provenant selon eux d’une région voisine, sont en réalité des blocs en calcaire qui affleurent sur cette zone. Nous avons observé plusieurs de ces éléments laissés par les fouilleurs autour du tertre. Il s’agit de rognons natifs d’une couleur rouge dont le module le plus courant mesure de 15 à 20 cm sur 10 à 15 cm pour 5 à 10 cm d’épaisseur. Ils présentent sur une face un profil arrondi et sur l’autre une surface irrégulière qui porte divers fragments de coquilles incrustés dans la roche. Deux échantillons ont fait l’objet d’une étude par Pierre Rat. D’après ses observations, il s’agit à l’origine d’un calcaire oolithique silicifié et ferrugineux. La coloration rouge en surface, d’une épaisseur de 2 à 3 mm, est due à l’oxydation du fer. En outre, nous avons retrouvé les mêmes pierres dans le talus d’un chemin creux probablement très ancien, orienté est-ouest, qui passe à environ cinquante mètres au sud du tumulus.

Mobilier


Un premier sondage profond de 45 cm exécuté au sommet de la butte a livré un grand vase brisé en céramique grossière à pâte noire, le col décoré de trois cannelures circulaires tracées à la baguette. Son remplissage comprenait des ossements humains, certains calcinés. Deux autres vases également fragmentés ont été mis au jour. Toutefois, leur contenu et leur position exacte à l’intérieur de la masse tumulaire ne sont pas indiqués. Ces trois récipients interprétés, sans plus de précision, comme des « incinérations » par les chercheurs, ne sont pas susceptibles de nous fournir une datation valable en l’absence d’une description typologique détaillée (Bertrand et alii, 1927, p. 286-287). Lieu de dépôt des vases : inconnu.

En ce qui concerne les sépultures, la fragmentation des os et la dispersion du mobilier ne permettent pas de reconnaître avec certitude leur nombre. Nous nous attacherons simplement, ici, à indiquer les découvertes en conservant la description sommaire de six inhumations mentionnées par les fouilleurs (Bertrand et alii, 1927, p. 287). Aujourd’hui, le mobilier conservé au Musée Archéologique de Dijon a subi de nombreuses manipulations et a été mélangé à d’autres lots. Il a pu être identifié grâce a deux photographies inédites, réalisées par É. Socley, qui reproduisent les parures issues des fouilles. Ces documents proviennent des archives de G. Grémaud.

A. Sépulture 34 : « …où paraissent avoir été agglomérées ou superposées, sans ordre précis, 4 sépultures (débris de 4 corps différents) ; 1 torque (non retrouvé au Musée Archéologique de Dijon) en bronze coulé, uni, avec, sur la périphérie, 3 points de bavures conservés comme ornement… » (fig. 8, n° 1), 1 bracelet filiforme (fig. 8, n° 2) et 4 armilles (fig. 8, n° 3).
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Fig. 8.
Photographie du mobilier en bronze provenant du tumulus de la Combe Pévenelle.
(cliché É. Socley, éch. 1/2).

B. Sépulture 41 : « …1 bracelet filiforme… » (fig. 9, n° 2).
C. Sépulture 55 : « …1 bracelet filiforme… » (non figuré) et un anneau de cheville ovale6 (fig. 9, n° 1).
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Fig. 9.
Photographie du mobilier en bronze provenant du tumulus de la Combe Pévenelle.
(cliché É. Socley, éch. 1/2).


D. Cote 60 : « …un grain de collier en terre cuite avec esquisse de figure humaine (?)… ». Cette interprétation est fausse, il s’agit d’une fusaïole retrouvée isolée, apparemment sans être en relation avec une sépulture7 (fig. 10). Haut. : 2,8 cm ; diam. : 3,7 cm. D’après la classification typologique établie par B. Chaume, cette fusaïole de forme arrondie du type 1B2 apparaît à l’Âge du Bronze et perdure jusqu’au premier Âge du Fer. Plusieurs exemplaires similaires proviennent du Mont Lassois et de Bragny-sur-Saône (Chaume, 2001, p. 164). Cette fusaïole ainsi que les fragments de cinq armilles et d’un bracelet tubulaire figuré sur l’un des clichés d’É. Socley (fig. 8, nos 4, 5), non signalé par les chercheurs, ont sans doute été mis au jour l’année suivante, lors d’une seconde campagne de fouille (Bertrand et alii, 1927, p. 288).
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Fig. 10.
Fusaïole (n° inv. 8412) provenant du tumulus de La Combe Pévenelle.
(dessin J.-R. Bourgeois, Musée Archéologique de Dijon).

Malgré le peu d’observations concernant les fouilles, on a l’impression que le tumulus a subi des remaniements continuels pour accueillir de nouvelles inhumations. Ces enterrements successifs ont bouleversé les tombes les plus anciennes (incinérations) et dispersé les os et le mobilier. L’absence d’ensembles clos et de fibules associées avec le matériel archéologique composé seulement de torques et bracelets en bronze fermés à joncs lisses, rend difficile leur datation. Toutefois, ces parures annulaires, fréquentes à la fin du Hallstatt final et au début de La Tène ancienne,sont attestées dans des contextes funéraires en Côte-d’Or, comme par exemple dans les tumulus de Clair Bois à Bressey-sur-Tille et de la Meusse à Magny-Lambert (Chaume, 2001 p. 316-324). Les armilles, de datation imprécise et en général associées à des sépultures féminines, se rencontrent depuis le Hallstatt D1 et perdurent jusqu’au Hallstatt D3 (Baray, 2002, p. 72).

Référence


Jean-Pierre Devaux, « L'environnement protohistorique du Mont Afrique : données inédites sur des fouilles de tumulus exécutées à la fin du XIXe s. et au début du XXe s. à Couchey (Côte-d’Or) », Revue archéologique de l'Est, Tome 56 | 2007, mis en ligne le 20 février 2009, consulté le 16 novembre 2015.

Auteur


Jean-Pierre Devaux, Archéologue amateur, 21 rue de la Combette, hameau de Domois, 21600 Fenay, © Tous droits réservés.

Lien vers les documents électronique originaux:


https://rae.revues.org/5236

Localisation +/- 4 mètres.



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